Macronœuds
Il existe plusieurs possibilités de reproduire des routes et autres surfaces de trafic plus ou moins fortement structurées par un terre-plein ou un îlot central dans un modèle de trafic. Une abstraction relativement forte consiste à représenter les composantes apparentées du point de vue du contenu, par exemple les deux voies directionnelles d’une route, par un seul tronçon. C’est le point de vue le mieux adapté aux analyses de planification des transports. Avec l’utilisation croissante de réseaux de navigation avec une représentation désagrégée de la réalité comme base de modélisation du trafic, les réseaux à structure plus détaillée occupent une place de plus en plus importante. Ce type de modèles contient les deux voies directionnelles comme deux tronçons séparés dans le modèle Visum. À vrai dire, la simplification en représentation agrégée entraîne, en plus d’une charge importante de travail, une perte involontaire d’information, car la structure existante dans ce niveau de détail est de nouveau requise au plus tard au moment d’effectuer des microsimulations à l’aide du logiciel de microsimulation Vissim.
La modélisation conventionnelle fait apparaître une contradiction entre le besoin d’une représentation de réseau désagrégée abordé et le besoin de temps de suppléments différenciés par type de mouvement au nœud. Nous illustrons ceci à travers un exemple.
Illustration 11 : Zone de carrefour avec plusieurs nœuds
Si deux routes se rejoignent comme dans l’Illustration 11 avec des voies directionnelles séparées, la zone de carrefour se divise en quatre nœuds. S’il existe en plus des îlots triangulaires, les voies de mouvements tournants s’ajoutent avec leurs nœuds correspondants. Un usager arrivant d’en bas et tournant vers la gauche dans l’illustration, traverse les nœuds numérotés de 1 à 5 les uns après les autres. Il suit un mouvement au nœud représentant un tourne-à-gauche au nœud 3 uniquement et traverse tous les autres nœuds tout droit. Les tourne-à-droite ne touchent que deux nœuds, à ces deux nœuds ils empruntent un mouvement au nœud vers la droite ; en revanche, les chemins allant tout droit traversent quatre nœuds. Si on assigne des suppléments de temps par mouvement au nœud, c’est la somme de tous les mouvements au nœud traversés qui compte au nœud, bien que certaines parts ne sont comptabilisées qu’une seule fois dans la réalité, comme l’attente à un feu. Une solution possible consiste à renseigner individuellement les suppléments de temps de chaque relation de manière à ce que la somme de tous les mouvements au nœud traversés corresponde à la valeur souhaitée pour la relation. Ceci est cependant impossible dans le cas d’une assignation de valeurs reposant sur le type, car des valeurs différentes seraient appliquées à des mouvements au nœud de même type au même nœud : il serait plus judicieux d’utiliser un système d’équations linéaire pour chaque zone de carrefour.
Le macronœud permet de concrétiser le point de vue qui sous-tend une telle solution, en regroupant explicitement les nœuds appartenant à une zone de carrefour en un élément propre. Tous les nœuds de la zone de carrefour forment ainsi logiquement une unité qui remplace les nœuds existants. Les mouvements au nœud sont analysés sur le niveau logique du macronœud et y sont désignés par des macromouvements au nœud.
Les tronçons dont le nœud d’origine et le nœud de destination appartiennent au même macronœud sont les tronçons internes du macronœud. Lorsque seul un des nœuds appartient au macronœud, on parle de tronçon cordon. Ils forment les chemins d’accès au et de sortie du macronœud : chaque relation entre dans le macronœud par un tronçon cordon et le quitte par un autre. Un tronçon est aussi un tronçon cordon quand les deux nœuds sont assignés à différents macronœuds.
Le regroupement de plusieurs nœuds en un macronœud définit différents types de tronçons en fonction des nœuds du macronœud.
- Tronçons internes : les nœuds d’origine et de destination appartiennent au macronœud (Illustration 12 : (1)).
- Tronçons cordon : un des deux nœuds appartient au macronœud, l’autre est situé en dehors (Illustration 12 : (2)).
- Le cas échéant, tronçons orientés ou sens uniques : ceci désigne un tronçon dont l’ensemble de systèmes de transport est vide ou dont le nombre de voies est nul dans au moins une direction.
Il existe de plus différents types de nœuds en association avec les macronœuds :
- Nœuds internes : seuls des tronçons internes en partent (Illustration 12 : (3)).
- Nœuds cordon : au moins un tronçon cordon en part ainsi que des tronçons internes le cas échéant (Illustration 12 : (4)).
- Nœuds partiels : tous les nœuds assignés à un macronœud. Ceux-ci peuvent être des nœuds internes, des nœuds cordon et des nœuds situés en dehors des limites du macronœud.
Illustration 12 : Types de nœuds et de tronçons dans les macronœuds
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Nota : Les contours de macronœud sont gérés comme des surfaces et peuvent être constitués de polygones composés ou de polygones avec trous (Surfaces composées). |